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Pêche du saumon suspendue en Bretagne.

1) Nous avions dénoncé cet antagonisme entre la baisse drastique des
stocks et la poursuite déraisonnable des prélèvements, vantant
toujours de « belles prises » aux fins mercantiles de continuer à vendre des cartes de pêche.

2) Nous avons aussi exposé, tant que les curseurs des pratiques
actuelles ne seraient pas poussés à fond, « qu’aucun bon sens ni principe de
précaution ne feraient changer les actes de pêche non durables ».

Nous notons enfin, l’avènement « d’un bon sens contraint par la force des
choses ». Cependant, éviter de pêcher les derniers spécimens ne permettra
jamais de ressusciter miraculeusement les stocks pléthoriques des années
1960. Les bonnes décisions semblent très tardives.

En 60 ans, il y a donc eu des impacts nouveaux, inexistants depuis des
siècles. Des préjudices tellement négatifs que le saumon serait en voie
d’extinction ?

Quels sont ces incidences récentes à l’échelle de vie des espèces ? Le
dogme, dépourvu de science, à prétendu que les petits barrages de moulins
en étaient coupables.
C’est d’une telle outrance que cela n’a convaincu personne.

Nonobstant, il serait en 2024, pour l’auteur de la politique dite « apaisée »
(*), devenu inconvenant voire impertinent de rappeler ces poncifs…
pourtant incontestables ni jamais étudiés.

Or, faute d’avoir cherché à identifier d’autre(s) responsable(s),
l’administration en charge de l’eau relance des courriers recommandés
comminatoires aux propriétaires(**) à titre « d’apaisement » pour qu’ils mettent leurs ouvrages « aux
normes » (inexistantes dans la loi) afin qu’ils ne pas fassent pas
obstacle à la libre circulation d’espèces piscicoles… en voie d’extinction
et qu’elles ont toujours franchi depuis la nuit des temps quand elles étaient encore abondantes.

 

illustration: Thalassa ; qualifiant une « belle prise »

(*) un concept habile alors qu’il n’y a rien eu de tel dans les faits.*

(**) au titre, pour enfoncer le clou, du nouvel acronyme de PAPARCE (plan
d’action pour une politique apaisée de restauration de la continuité
écologique). Les courriers des DDT, ayant dû avoir des consignes, s’y
réfèrent déjà.

 

 

France 3 Bretagne

* »Une mesure de bon sens ». La pêche du saumon suspendue officiellement en
Bretagne*

*En raison de l’effondrement des populations, qui s’est accéléré depuis 4
ans, le comité breton de gestion des poissons migrateurs était réuni ce
matin à Rennes. Il a donné un avis favorable à l’interdiction de toute
pêche du saumon en 2025 dans les rivières bretonnes mais aussi dans leurs
estuaires et en mer.*

La population de saumon sauvage s’est effondrée en 2024. Sur les trois
stations de contrôle de Bretagne, 643 saumons ont été observés en 2023,
contre 813 l’année précédente, 1 073 en 2022 et 2 098 en 2020. Des chiffres
très mauvais
<france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/des-chiffres-vraiment-vraiment-tres-mauvais-la-peche-au-saumon-fermee-en-bretagne-en-2025-3047764.html>,
alors même que la pêche est déjà interdite dans plusieurs endroits de
France.

Cette espèce menacée possède un rythme de vie particulier : les géniteurs
se reproduisent en rivière
l’hiver, avant de repartir en mer au printemps. Or, il semble que cette
année encore, la population de juvéniles que l’on devrait trouver en
rivière a continué à chuter de manière spectaculaire, alors que les
conditions sont bonnes.

*Les pêcheurs redoutent les braconnages*

De ce fait, le comité de gestion des poissons migrateurs
<france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/en-bretagne-3-fois-moins-de-saumons-sauvages-en-3-ans-pourquoi-ce-poisson-migrateur-est-il-en-voie-de-disparition-2956499.html>,
réuni à Rennes ce 15 novembre, a donné un avis favorable à la suspension de
la pêche en Bretagne, pour l’année 2025, dans les cours d’eau, les
estuaires et en mer. Mais c’est seulement après un délai et une
consultation publique que l’arrêté préfectoral sera validé.

Plusieurs fédérations de pêche bretonnes regrettent la décision. Non
seulement elles craignent qu’un retour en arrière soit difficile et long,
mais elles redoutent aussi les braconnages. Pour elles, les pêcheurs, même
pour des quotas très infimes, représentent toujours des sentinelles au bord
des rivières.

De plus en plus rare en France, le saumon sauvage va-t-il disparaître des
rivières bretonnes ?
<france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/lorient/de-plus-en-plus-rare-en-france-le-saumon-sauvage-va-t-il-disparaitre-des-rivieres-bretonnes-2849855.html>

* »Une mesure de bon sens, indispensable, mais pas suffisante »*

Eau et rivières de Bretagne, qui soutenait cette mesure, a également réagi.
Pour Arnaud Clugery, porte-parole de l’association, * »cette suspension est
une mesure de bon sens, indispensable mais pas suffisante »*. L’association
demande à l’État d’accélérer et d’intensifier la lutte contre le changement
climatique.

Elle réclame que * »simultanément à la suspension de la pêche, trois mesures
soient mises en œuvre en Bretagne : le renforcement de la prévention des
rejets dits accidentels de lisier qui tuent chaque année des dizaines de km
de nos cours d’eau ; la suppression des points noirs de blocage à la
remontée des géniteurs vers les zones de frayères, et enfin une politique
de contrôle de la réglementation en rivière et en mer »,*

*Déplacement de certains courants maritimes *

Pour le moment, il est difficile de savoir pourquoi les saumons sauvages
disparaissent.

Les saumons seraient notamment victimes du déplacement de certains courants
maritimes. Ils ne trouvent plus les crevettes et autres ressources qui
constituaient une part importante de leur alimentation. Ils sont obligés de
rester plus longtemps en mer pour atteindre une taille qui leur permet de
remonter les rivières et sont donc de moins en moins nombreux à y parvenir.

En moyenne, les saumons sont quatre fois moins nombreux qu’avant à remonter
dans les rivières par rapport à la moyenne des remontées sur les trente
dernières années et ce phénomène s’est accentué sur les 3 dernières années
avec des résultats catastrophiques.

« *Nous constatons que les individus qui remontent sont moins nombreux,
moins gros et pondent donc moins d’œufs »* indique la Fédération de pêche du
Morbihan dans un communiqué. * »Le nombre d’œufs dépend du poids du saumon,
c’est un cercle vicieux, plus l’espèce va mal, moins elle se reproduit* « ,
expliquait le mois dernier François Jossec, technicien de la Fédération de
pêche du Morbihan.

*Élevages aquacoles mis en cause*

L’effondrement des populations de saumons s’observe partout, en Irlande, en
Ecosse et en Norvège tout particulièrement, où là aussi de sévères
restrictions de pêche ont été adoptées cette année, avec la fermeture de
dizaines de rivières au mois de juin dernier. Mais au pays du saumon, ce
sont les élevages aquacoles très nombreux, qui sont principalement mis en
cause. Ils contamineraient les saumons sauvages.

(Avec Krystel Veillard et Séverine Breton)

france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/une-mesure-de-bon-sens-la-peche-du-saumon-suspendue-officiellement-en-bretagne-3060937.html