Agen: barrage franchissable, mais toujours pas d’alose ni de vis d’Archimède

Le monde à l’envers : la préfète et son administration ne veulent pas restaurer un barrage qui offre pourtant moult multifonctionnalités. C’est une association qui défend l’intérêt général depuis 2007. En 2019, son action n’est pas encore couronnée de succès.
Les élus locaux prônent pourtant à bon escient la valorisation du barrage.
Nous ne sommes pas à Moscou, mais depuis 10 ans en termes de politique de l’eau, l’administration prime la démocratie.

 

Alors ? Y aurait-il des freins dogmatiques plus puissants que la technique ?
M. le député Michel LAUZZANA résume bien la situation : « Il y a au Ministère de l’Environnement, un problème d’ordre idéologique, un schéma rigide conduit par les représentants et les conseillers du ministre. Vous pouvez compter sur moi pour soutenir votre proposition de déclassement de la Garonne qui permettrait d’introduire des projets de travaux ».

Après le départ de Ségolène ROYAL, plus pragmatique que dogmatique, la DEB (Direction de l’eau et de la biodiversité) qui conduit un schéma idéologique, semble soutenue par certains propos personnels de François de RUGY faisant fi de l'intérêt général et de la loi Energie-climat .
Après son départ, le projet de valorisation du barrage pourrait enfin voir le jour ?

 

 

Beauregard : ce sont les soldats du barrage

 

Publié le 22/06/2019 à 3h56 par Corinne Malet.

Jean Lamothe, président par intérim, présente les actions de l’association. 

L’association pour la réhabilitation du seuil de Beauregard ne désarme pas. Il se meurt, la Garonne continue de détruire pierre à pierre l’édifice qui, jadis, permettait l’alimentation en eau du canal latéral à la Garonne. Aujourd’hui cette utilité n’est plus, mais les membres de cette association, bien soutenus par le tissu politique de l’Agenais, œuvrent pour que l’eau soit maintenue en amont de l’ancien barrage. Garantissant ainsi l’alimentation en eau potable de toute une agglomération.

 

Alosons décimés

« Les préfets successifs et les hauts fonctionnaires ont pris position contre une réhabilitation de ce barrage en arguant du fait que le barrage nuit à la migration des aloses et autres poissons.
Depuis quinze ans, ce barrage ne gêne plus rien tant il est en mauvais état.
Or, nous n’observons plus la moindre alose dans le lit du fleuve.
Par contre, que dire des silures qui ont été introduits par la fédération de pêche ? Ils déciment les alosons », tonne Jean Lamothe, ancien président et cofondateur avec Guy Saint-Martin de l’association.
« Il y a au Ministère de l’Environnement, un problème d’ordre idéologique, un schéma rigide conduit par les représentants et les conseillers du ministre. Vous pouvez compter sur moi pour soutenir votre proposition de déclassement de la Garonne qui permettrait d’introduire des projets de travaux », a déclaré Michel LAUZZANA.

 

Pour Christian Dézalos, «voir ce barrage dépérir alors qu’il pourrait avoir une autre fonction est une incompréhension. Il y a des projets qui permettraient de s’inscrire dans une continuité écologique tout à fait souhaitable ».

Une centrale hydroélectrique ? L’agglomération d’Agen est moteur dans ce projet. « La mobilisation de l’association, le combat mené débouche sur un point positif : la Préfète reconnait que l’arasement et le coût engendré par celui-ci est une décision déraisonnable », a continué le maire de Boé.

L’association poursuit sa cause, sur le terrain politique en multipliant les rencontres, devant les tribunaux, avec un soutien conséquent de l’agglomération d’Agen, mais le temps passe et l’état du barrage reste le meilleur témoin de ce temps qui inlassablement l’édifice au fond de la Garonne.

 

https://www.sudouest.fr/2019/06/22/beauregard-ce-sont-les-soldats-du-barrage-6244021-3632.php

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