Moulins et poissons ou pénurie d’eau et poisons ?

Le poisson d’élevage était considéré avec un profond dédain. Les pisciculteurs avaient pourtant une longueur d’avance avec leurs Groupements de défense sanitaire (GDS). Le poisson sauvage était gage de qualité. Il inspire désormais la plus grande défiance depuis que la pollution inquiétante des cours d’eau n’est plus un secret bien gardé.          L’état pathologique des poissons de nos cours d’eau est… conforme à celui de leur milieu : mauvais.

 

Le vent tourne

"On ne nous dit pas tout". Ou plus exactement, on vous a menti. Après la LEMA 2006, il fallait ancrer la doctrine résumée en cette phrase : "les ouvrages hydrauliques et les étangs sont responsables de la dégradation de la qualité des masses d’eau : ils doivent donc disparaître".
Or, selon la presse depuis quelques saisons, les regards se portent ailleurs. Il ne se passe plus une semaine sans qu’elle n’évoque l’état des cours d’eau, un bilan désastreux, la pénurie d’eau, les pollutions.
Depuis peu, ce sont les pêcheurs inquiets pour la pérennisation de leur loisir qui alertent (sans aucun écho) sur l’état sanitaire des poissons.

 

Pollutions : le consommateur payeur

88% de la redevance "pollutions" est payée par le consommateur. C’est une curieuse déclinaison du principe "pollueur-payeur". Probablement parce qu’il y a plus de payeurs que de pollueurs, c’est plus simple.

 

La FNPF devra affronter des contradictions flagrantes

La Fédération nationale des pêcheurs devra faire face à ses postures antagonistes :
1) pêcher des espèces en voie d’extinction et prétendre les "protéger".
Rappel: un poisson pêché ou mort de pollution ne change rien pour le stock : dans les deux cas, c'est 1 individu en moins.

2) mettre tout le monde au pas : la FNPF devra faire le ménage dans ses rangs car de plus en plus d’AAPPMA déplorent, en toute bonne foi, les impacts de l’application de la continuité écologique et dénoncent l’état sanitaire très inquiétant des poissons.
Il faudrait clarifier ces cacophonies ?
Ce sera une gageure car il n'y a plus que de la jussie dans le Thouet-aval et au plan sanitaire, les anomalies anatomo-morphologiques externes et les ectoparasites des poissons pêchés (poux) sont désormais visibles à l’œil nu… et de plus en plus fréquents.

Le remède serait la rédaction d’une "liste noire" des mots inconvenants.
Il serait de bon aloi, chez les clients de la FNPF, de ne pas les prononcer : déformations, difformités et malformations, nécroses, hypersécrétion de mucus, hypertrophie et hyperplasie, lésions hémorragiques et congestives, tumeurs, kystes, nodules et autres grosseurs, ulcères hémorragiques, mélanose, dépigmentation et encore moins parasitisme (l’anguilicola crassus qui menace l’anguille par exemple).
Mieux vaut consommer du poisson d’élevage que du poisson issu de nos cours d’eau.

 

D’où vient le poison ?

Il ne semble pas, ni en 2019 ni depuis le 18ème siècle, provenir des barrages de moulins.
Nos regards se tournent ailleurs.

Les photos ci-dessous sont prises en aval d’une station dite d’épuration. L’eau moussante rejoint en l’ état un axe stratégique majeur pour le saumon. Et pour ne pas le citer : l’Allier.

Il n’y a aucun intérêt à citer la ville : toutes les stations d’épuration concentrent tous les polluants et les largue sans aucune vergogne dans le cours d’eau, la plupart du temps très proche.


Fossé de récupération des eaux de ruissellement d’un quartier urbain. L’eau y est probablement déjà passablement polluée, mais reste très claire car la pollution est très souvent incolore.

Une des sortie de la station d’épuration. Grand canal trapézoïdal bétonné.


Juste en aval, accès libre. Les enfants pourraient patauger s’y baigner : la mousse est fournie gratuitement.


Confluence du fossé d’eau de ruissellement et du canal de la station d’épuration.

Quel intérêt de bétonner ? Que la pollution rejoigne plus vite l’Allier à quelques centaines de mètres ?
Au lieu d’un canal bétonné pour envoyer "les preuves plus vite dans le cours d’eau", une succession de bassins plantés de végétaux aquatiques ne réduiraient-ils pas un peu le taux aigü de pollution ?
ah…l’infiltration terrestre serait indésirable…il vaut mieux qu’elle soit invisible et se fasse directement par le lit mineur de l’Allier ?

Toujours est-il qu'il ne faut plus rêver aux capacités extraordinaires du saumon: ce sont les impacts anthropiques qui vont éradiquer l'espèce, pas nos moulins.

 

https://aappma-delanive.fr/saumons-sur-la-nive-sur-fond-de-mycoses/

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/qualite-de-l-eau-des-rivieres-l-ufc-que-choisir-denonce-un-bilan-desastreux-1508255758?fbclid=IwAR0pcdJrpkSRk3k6kX_Ufb-v222mtSk_xb0-46FR8Z6mcT7MjV2ZD9SJCYs

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